Dominant le village, le moulin à vent de Vendres est l’un des éléments emblématiques du patrimoine communal. Construit au début du XVIIIᵉ siècle, il témoigne de l’importance de la culture des céréales et de l’activité meunière dans la vie quotidienne des Vendrois.
La construction du moulin
Une inscription gravée dans la pierre rappelle l’origine de l’édifice :
« Fait par moi Jean Cassan et le 10e jour de mai de l’année 1700 l’ai commencé. »
Originaire de Pérignan, aujourd’hui Fleury-d’Aude, Jean Cassan fait édifier ce moulin après avoir acquis un terrain situé sur le tènement de Grazel, particulièrement bien exposé aux vents dominants – aquilon, cers et marin – indispensables au fonctionnement d’un moulin à vent.
Marié à Marie Martin, petite-fille de Jean Martin, second consul de Vendres, Jean Cassan construit un moulin bladier, destiné à moudre les céréales produites par la communauté et les particuliers.
Un lieu chargé de mémoire
Avant la construction du moulin de Vendres, la famille Cassan était déjà liée au métier de meunier. Son frère Joseph exploitait le moulin de Puech Bandiès lorsqu’il trouva accidentellement la mort, en 1689, alors qu’il procédait au réglage d’une meule.
Pendant plus de deux siècles, le moulin a accompagné la vie agricole du village avant de cesser progressivement son activité.
Comme l’écrivait Alphonse Daudet dans Les Lettres de mon moulin :
« Puis, un matin, les ailes de notre dernier moulin se sont arrêtées de tourner… »
Une citation qui évoque la disparition progressive de ces moulins qui ont longtemps façonné les paysages méditerranéens.
Une nouvelle vie au XXᵉ siècle
Au début du XXᵉ siècle, le moulin connaît une nouvelle utilisation.
En 1920, il est loué par la commune à Léonide Rossignol afin d’y entreposer des fusées paragrêles, utilisées à l’époque pour tenter de protéger les vignobles des épisodes de grêle.
Cette reconversion témoigne de la capacité du bâtiment à s’adapter aux besoins de son époque tout en conservant sa place dans le paysage vendrois.
Le moulin de Vendres
